Tous les enfants sont dans la « toute puissance » dès la naissance
Nous sommes tous nés avec la divine impression que l’ensemble de la planète tournait autour de nous et que tous nos besoins et désirs étaient et seraient pour toujours immédiatement satisfaits. En effet, dès la naissance, lorsque le bébé a faim, froid, peur, sa mère se précipite immédiatement à ses côtés et satisfait son besoin (lui donne le sein s’il a faim) tout en lui apportant câlins et réconfort. Notre plus gros problème dans la vie réside dans le fait que cette vie de rêve ne se prolonge pas ad vitam aeternam ! Il est primordial d’expliquer très vite à l'enfant que nous adultes sommes là pour l’aimer, satisfaire ses désirs et ses besoins mais pour autant, il n’est pas le roi du monde et doit dès sa naissance se conformer à des cadres et des limites telles que faire ses nuits par exemple.
Les cadres que nous donnons à nos enfants sont absolument indispensables à leur bon développement. Ils doivent accepter de se conformer aux cadres de notre monde : aux règlements, aux lois, au respect des autres. Ils doivent apprendre à penser aux autres avec respect et empathie avant de penser uniquement à eux se développer et enrichir leur personnalité au contact de leurs pairs. Enfin, un enfant se développe intellectuellement, humainement en allant avec intérêt et curiosité vers les autres dès sa petite enfance : tant qu’il reste dans la toute-puissance, toute son énergie reste focalisée égoïstement sur sa petite personne, et il ralentit ainsi voire arrête son développement personnel…
Ce qu’il faut éviter :
- Craindre en tant que parent de ne plus être aimé par son enfant : beaucoup de mamans craignent, en refusant de faire plaisir à leur enfant, que ce dernier comme il le leur dit ne l’aime plus. Disons le tout de suite : il s’agit d’une phrase d’enfant frustré qui ne peut se réaliser. L’amour d’un enfant n’est heureusement pas lié aux cadres posés. C’est au contraire en posant ces limites que l’enfant se sent rassuré et protégé et redouble de sécurité affective.
- Négocier. Nous sommes pas au café du commerce : nous n’avons pas à négocier avec nos enfants comme si nous étions d’égal à égal, les laissant alors dans l’illusion que les relations parents-enfants se font sur un modèle horizontal comme entre copains, sans hiérarchie, où chacun peut imposer à l’autre ses propres désirs. Vous vous devez de maintenir en tant que parents une relation verticale, c'est-à-dire que vous avez l’ascendant sur votre enfant qui a besoin de vous en tant que personne forte et protectrice. C’est ainsi que l’on « élève » son enfant, en d’autres termes on le fait grandir en le hissant vers le haut.
Ce qu’il faut faire
- Fermeté bienveillante dès la naissance : si votre enfant hurle, insulte, frappe ou mord : c’est qu’il est resté dans l’illusion de la toute puissance : il est persuadé que c’est lui qui commande. Il est grand temps de remettre les choses dans l’ordre : ce n’est pas lui qui fait la loi. Rappelez-lui qui commande, quelles sont les lois de la maison. Pas de tergiversations, de longues discussions. Si maman a décidé qu’il était l’heure d’aller se coucher, c’est comme ça et on ne discute pas ! Maman ou papa savent ce qui est bien pour leurs enfants…
- Arrêter et punir immédiatement l’acte inadmissible : en cas d’acte que vous réprouvez sans hésitation : de la violence physique ou verbale qui ne correspond absolument pas avec vos principes éducatifs : il faut faire cesser immédiatement en sévissant dans le cas contraire, sévèrement si nécessaire.
- Valorisez les acquis : terminons par du positif. A chaque fois que votre enfant a visiblement fait un effort pour se calmer, gérer sa frustration, réfréner ses comportements violents, notez-le et félicitez-le, en famille si possible en lui exprimant vos sentiments de fierté, de bonheur. Votre enfant, même s’il a l’air de ne pas s’en soucier, note dans son cœur et son cerveau que ses efforts sont perçus et qu’il est mis en valeur grâce à son travail de maturation et de développement personnel. Un tiers maximum de répression de ses comportements violents en lui réexpliquant qui commande et deux tiers de valorisation de ses acquis le porteront mécaniquement vers le haut et vers une capacité accrue à se socialiser ensuite hors du milieu familial : ce n’est qu’en acceptant les lois familiales, et en respectant sa famille qu’il pourra avoir la même attitude dans sa vie scolaire puis sociales en général en grandissant.
Pour aller plus loin :
Guide de survie pour parents débordés. Frédéric KOCHMAN, editions de l’Archipel.
Enfants Tyrans, parents souffrant. Diane Purper-Ouakil, Flammarion/Aubier.
Un article général sur l’enfant tyran
http://www.cairn.info/revue-dialogue-2003-2-page-59.htm