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Les troubles de l'anxiété chez les ados
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Publié le 10/12 à 16:03
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La spasmophilie, trouble psychologique ou maladie à part entière ? Le Docteur Frédéric Kochman fait le point.
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En France, près de 10 millions de personnes dont beaucoup d’adolescents souffrent de spasmophilie, principalement des femmes. Pourtant, ce problème est inconnu hors de nos frontières.
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La spasmophilie est une hyperexcitabilité neuromusculaire qui se manifeste par de nombreux symptômes : fatigue, troubles du sommeil, maux de tête, peur de sortir, flou visuel, paupière qui saute, boule dans la gorge, manque d'air, douleurs du cou ou du dos, palpitations, tachycardie, oppression, pincements, points au cœur, aérophagie, brûlures d'estomac, spasmes douloureux des intestins, diarrhée ou constipation, douleur du bas ventre, fourmillements, tremblements, contractures…
Les symptômes étant multiformes, la personne qui en souffre va de médecin en médecin sans résultats toujours probants.
En fait, il est désormais reconnu que la « spasmophilie » n’est pas une maladie en elle-même mais plus un fourre-tout englobant du stress, des troubles anxieux et parfois de la dépression.
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| Un trouble anxieux
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Sur fond de signes physiques (tremblements, palpitations) se manifestent des symptômes de la lignée anxieuse : sueurs, rougeurs ou pâleur, peur de mourir, état de panique.
Le trouble anxieux le plus fréquent dans ce cas est le trouble panique, caractérisé par une succession fréquentes de crises dîtes attaques de panique.
Cette symptomatologie ressemble étrangement à la « spasmophilie » ; entité nosographique spécifique à la médecine française et qui ne repose sur aucune base scientifiquement valide. Il est fort probable que de nombreux patients étiquetés « spasmophiles » souffrent en fait d’un trouble panique
Les attaques de paniques sont définies par la survenue brutale d’une angoisse, atteignant un pic d’intensité en moins de 10 minutes, et caractérisée par la présence de symptômes à dominante somatique : tremblements, secousses musculaires, difficultés de respiration, oppression thoracique, tachycardie, maux de ventre, nausées, impression d’être en train de mourir ou de devenir fou. De plus ce trouble sous-tend la crainte persistante d’être à nouveau victime d’une attaque ou de souffrir de ses conséquences (peur de perdre son contrôle, d’avoir une crise cardiaque par exemple), ou s’accompagne d’un changement notoire de comportement inhérent à ces accès d’angoisse (conduites d’évitement, retrait social, agoraphobie, etc.). Il faut y ajouter une forme caractéristique ce trouble anxieux : la survenue de crises d’attaques de panique en pleine nuit après un réveil brutal comme après un cauchemar.
Deux éléments distinguent le trouble panique chez l’adolescent.
- le tableau clinique apparaît souvent moins spectaculaire que chez l’adulte (chez lequel la crainte de mourir est souvent au premier plan avec une sémiologie faisant évoquer un infarctus par exemple)
- la crise est souvent liée à un événement ou une situation anxiogène : elle survient électivement en classe chez certains ou après une remontrance de la part d’un enseignant.
- L’agoraphobie vient compliquer ce trouble dans la moitié des cas et peut alors se traduire par une déscolarisation.
Ce trouble anxieux chronique peut évoluer vers un risque dépressif mais expose également à l’automédication et à l’abus de tranquillisants. Il est indéniable que la grande majorité des adolescents souffrant d’un trouble panique ne bénéficient pas de soins appropriés ou sont considérés comme « spasmophiles », sans traitements spécifiques.
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| Traiter le trouble panique chez l'adolescent
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En règle générale, une approche thérapeutique multimodale est requise pour traiter un trouble anxieux de l’enfant et/ou de l’adolescent.
Les différentes thérapeutiques employées sont les thérapies cognitives et comportementales, et la psychopharmacologie.
Le fameux sac en plastique : utile ou futile ?
L’attaque de panique est souvent un cercle vicieux enclenché par une angoisse qui va provoquer une hyperventilation (accélération de la respiration). Ce phénomène respiratoire accélère l’évacuation de notre dioxyde de carbone et modifie rapidement l’acidité de notre sang, avec des conséquences immédiates sur notre cerveau. Dans ce cas, la respiration en milieu fermé (dans un sac plastique) permet de réinspirer les dioxyde de carbone présent en quantité dans l’air expiré et de normaliser plus rapidement le Ph sanguin. Cette technique ne fonctionnera que dans ces situations correspondant à un sous-type d’attaques de panique, et peut aggraver d’autres formes anxieuses (une personne claustrophobes qui aura l’impression d’étouffer…). Elle ne se conçoit qu’après avoir demandé conseil à votre médecin.
Les thérapies cognitives et comportementales
La thérapie comportementale cible le comportement du patient et doit prendre compte du contexte familial et scolaire. La restructuration positive de leurs pensées est une des règles fondamentales de cette approche thérapeutique.
Les différentes techniques employées dans les thérapies cognitive et comportementale sont une désensibilisation progressive, les techniques de relaxation, une exposition in vivo ou en imaginaire avec taches anxieuses d’intensité croissante et prévention de la réponse, les techniques d’affirmation de soi.
Les traitements médicamenteux
Les traitements médicamenteux ne seront utilisés chez l’adolescent qu’après échec d’une psychothérapie bien conduite, ou parce que l’intensité est telle qu’un traitement anti-anxiété est nécessaire.
Les benzodiazépines, c'est-à-dire la famille des fameux temesta, lexomil ou autre valium est à éviter car elles provoquent des troubles de la mémoire, nuisant donc clairement avec la scolarité et les apprentissages.
Comme chez l’adulte, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS) (famille du célèbre Prozac) peuvent être utilisés dans le trouble panique dès l’âge de 15 ans.
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